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Coaching

Ceci n’est pas une lettre d’adieu…

Par octobre 31, 2018 Pas de commentaire

Aveu; j’aurais tellement le goût de dire adieu!

Mon compte bancaire est présentement DANS LE ROUGE!!!

Je suis sans emploi (par ma propre faute) et donc sans aucune entrée d’argent. Il faudrait que j’aille faire une demande d’aide sociale mais cela est au-delà de mes forces.

Mon père est en phase terminale et a demandé l’aide à mourir (piqûre de fin de vie). Je suis censé être l’exécuteur testamentaire mais je n’ai pas la capacité de m’en occuper. Je fais juste m’effondrer et pleurer.

Ma voiture, à cause de trop de paiements en retard, sera sûrement bientôt reprise.

Il y a des jours où je me sens relativement assez en forme pour faire face à tout ceci et je réussi à sortir dehors un peu, à regarder les gens en face et les saluer. Mais la majorité des journées, je reste cachée chez moi, dans ma chambre, dans mon lit et ne serais même pas capable d’aller répondre à la porte si quelqu’un cognait. La honte et la culpabilité voudraient tellement me dévorer. Mais je tente de leur résister au meilleur de mes capacités. Je tente sincèrement de refaire mes forces pour me relever mais le portrait n’est pas rose.

Vu mes quelques mois de loyer en retard, j’ai pensé quitter mon logement pour permettre aux propriétaires de le récupérer et le louer à quelqu’un d’autre, mais je n’ai pas l’argent pour payer des déménageurs, je ne sais pas où aller ni où aller porter mes meubles et je n’ai pas la force physique d’emballer mes choses, de faire des boîtes.

Ceux à qui je dois de l’argent me contactent un à un, très légitimement et avec grand respect. Je comprends tellement leur frustration et je suis pleinement consciente du tort que je leur cause. Ils ont des paiements et des responsabilités eux aussi, des gens à qui ils doivent de l’argent eux aussi!

Quand bien même que je m’excuserais et répéterais à quel point je suis désolée, cela n’apporte pas l’argent dû dans leur compte.

Une partie de moi est tellement découragée et je ne sais pas comment m’en sortir…

Si vous ne me connaissez pas et vous lisez ceci, vous vous demandez sûrement; « WTF, c’est qui cette perdue-là? ».  

 Permettez-moi de vous faire un résumé de ma situation :

Il y a 2 ans et demi, en mars 2016, mon nouvel amoureux à l’époque, a eu un accident d’auto. Il a appris, suite à un scan après l’accident, qu’il avait un début de cancer au poumon. La même semaine, ma mère a reçu un diagnostic de cancer du larynx stade 4, mais elle ne voulait ni être opérée, ni de traitements de chimio ou radiothérapie. Il lui restait alors moins d’un an à vivre selon les médecins. Jean-Marc, le nouvel amoureux, s’est fait opérer en juin 2016. Pendant son rétablissement, on vivait tout en sachant que ma mère allait bientôt partir, sa voix disparaissant et sa respiration devenait petit à petit de plus en plus difficile.

À ce même moment, soit l’été 2016, j’étais mairesse de ma municipalité et nous avions deux « dossiers chauds » en cours qui ont suscité de vives réactions de la part des citoyens et ont demandé beaucoup de temps et d’énergie. J’occupais aussi un autre emploi à temps plein, car être mairesse d’un petit village rapporte… très peu disons 😉

À l’automne 2016, j’ai commencé à avoir des saignements menstruels très abondants. Et, ce que je ne savais pas à ce moment-là, c’est que ces menstruations en continue allaient perdurer pour les 10 mois à venir. À la fin de l’automne, en décembre 2016, j’ai flanché et me suis rendue à l’hôpital, épuisée.

En janvier 2017, ma fille aînée a eu un kyste qui a éclaté dans un ovaire et elle a été opérée d’urgence. Et en mars 2017, UNE BONNE NOUVELLE, ma mère a appris qu’elle était encore opérable, le cancer avait grossi mais ne s’était pas répandu dans son corps. Elle a donc, cette fois-ci, accepté la chirurgie qui nous a paru comme une chance inespérée et elle s’est miraculeusement bien rétablit, après quelques mois difficiles. Aujourd’hui, on peut dire qu’elle « pète le feu ». Regardez comme elle est ravissante 😉

En mai 2017, alors qu’il était sur le point d’être de retour au travail à temps plein, suite à sa convalescence après son opération au poumon, Jean-Marc a fait un AVC. Pour lui tenir compagnie, vu qu’il était partiellement paralysé du côté droit et devait marcher avec une canne, j’ai eu la brillante idée de lui offrir un bébé chiot. Mais qui dit bébé chien dit également meubles, chaussures et vêtements grugés et nuits écourtées pour quelques temps. C’est comme prendre soin d’un nouveau-né. Je n’en étais pas consciente… cela a été comme une « cerise sur le sundae » pour moi. Et ma « coupe glacée » allait malheureusement avoir plus d’une cerise dessus…

Ensuite, alors que je voyais la fin de mon mandat de mairesse approcher (et donc la possibilité de me reposer et reprendre le dessus), Jean-Marc a proposé qu’on parte un petit commerce local, un bar, où il pourrait s’occuper à de petits travaux de rénovation pour l’aider dans son rétablissement, jumelé à la physio qu’il recevait au centre de réadaptation. Sur le coup, j’étais vraiment CONTRE cette idée mais je me suis raisonnée en me disant que si cela pouvait être bon pour lui et l’encourager, alors pourquoi pas (ERREUR !!!).

 

Au cours des mois qui ont suivis, à l’automne 2017, on s’est consacré à préparer l’ouverture du bar et j’ai été opérée à l’endomètre pour les saignements incessants des 10 derniers mois (mentionnés plus haut déjà). Inutile de vous préciser que la libido était devenue un terme absent de mon vocabulaire et de notre relation de couple ☹. Le temps nous filait entre les mains et je n’ai même pas réaliser que mon mandat de mairesse avait pris fin. Mon état d’épuisement s’aggravait de jour en jour et je réussissais à bien le cacher à tous mais surtout, à moi-même.

L’année 2018 s’est pointée et l’étape scolaire de janvier à juin 2018 n’a pas été facile pour ma fille et mon fils (les deux plus jeunes de mes 4 enfants) avec qui j’ai la garde-partagée. Ils ont dû faire face à de sérieux défis à l’école et je m’en sens en grande partie responsable. J’aurais aimé pouvoir être plus présente et disponible pour eux. Mais nous étions submergés avec le bar qui, lui, a finalement ouvert ses portes à la mi-février.

À la fin du mois de mars 2018, l’angoisse et l’anxiété sont devenues insoutenables pour moi. Je me sentais le souffle court et je commençais à faire des crises d’hyperventilation (que je m’efforçais de ne mentionner à personne). Voyant le désordre qui empirait sans cesse à la maison (tout le monde étant trop occupé pour se ramasser et le chien étant laissé à lui-même plusieurs heures à chaque jour), j’ai eu l’idée de partir en retraite de silence pendant quatre jours, le week-end de Pâques. Cela a été salutairement bénéfique pour moi. Je crois sincèrement que cela m’a sauvé la vie et j’ai pu renouer avec ma foi (lire : https://www.katystcyrcoaching.com/quelque-chose/ ).

De retour chez moi après cette brève escapade, j’ai aussitôt informé Jean-Marc que je souhaitais mettre fin à notre union. Ces épreuves des deux dernières années ont eu raison de notre amour et je n’en pouvais plus. Être en couple avec quelqu’un alors que je me sentais si vide et à bout intérieurement ne faisait plus de sens. J’étais incapable de poursuivre avec lui. On a alors décidé d’être « colocs » faisant chambre à part pour quelques mois, le temps de clarifier comment on allait procéder avec le bar et lequel des deux allait quitter et déménager.

Cette même journée que j’ai rompue avec Jean-Marc, le 2 avril 2018, j’ai appris que mon père ne se sentait pas bien. Après quelques jours à essayer de le convaincre d’aller à l’hôpital, il a accepté qu’on s’y rende ensemble et il y est resté pour 5 semaines. Les médecins ont trouvé un cancer du poumon non opérable et non traitable. Mon père a pu retourner chez lui et a tranquillement faiblit et perdu son autonomie jusqu’à la fin septembre où il a dû retourner à l’hôpital. Il a demandé l’aide à mourir (piqure de fin de vie) qu’il allait recevoir le 9 octobre mais Dieu avait un autre plan… à l’instant même où je vous écris ces lignes, je viens d’apprendre que mon père a pris son dernier souffle et vient de s’envoler pour le ciel (jeudi, 4 octobre 2018, vers 2h00 pm).

Repose en paix papa d’amour que j’aime xxxxx

 

 

Pourquoi j’écris tout ceci me demanderez-vous? Honnêtement, je ne le sais pas. C’est à la fois gênant et ça me fait du bien en même temps. Je me sens libérée quand j’écris. Mon esprit s’éclaircit et mon découragement diminue, se désintègre on dirait. Je respire mieux. Mais je ne comprends pas plus que vous pourquoi c’est ainsi ni à quoi cela servira… à part me faire du bien et faire du bien à d’autres qui vivent ou traversent possiblement quelque chose de similaire…

Ce dont je suis actuellement la plus reconnaissante, c’est de ne pas être suicidaire. Je SAIS que tout va s’arranger. JE LE SAIS. Mais quand??? Et comment….

Je dois admettre, par contre, que je comprends vraiment ceux qui, rendu à ce point-ci, écrivent une lettre d’adieu et mettent fin à leur vie. Oufff que je les comprends…

Quand c’est rendu que tu déçois tellement de personnes alentour de toi, dans ton entourage, que t’es devenu un véritable fardeau pour la société et que malgré toute ton intelligence, tu es incapable de te ramasser chez toi, juste prendre ta douche est un calvaire et de voir les créanciers qui te courent après, en toute légitimité d’ailleurs…

Entre vous et moi, il faut être un peu stupide pour vouloir continuer de vivre…?!?! À quoi bon?

Mais, ironiquement, il faut croire que je suis de ces personnes stupides. Je ne souhaite pas mourir, PAS DU TOUT! J’ai déjà connu ce que c’est de vouloir mourir. Mais non, maintenant, je veux vivre, J’AIME LA VIE! Je veux traverser sereinement ce deuil du départ de mon père, je veux me rétablir, retrouver mes forces, et me relever… et je veux repayer jusqu’au dernier sous tous ceux à qui je dois de l’argent. Je ne sais pas combien de temps ça me prendra, MAIS JE VAIS Y ARRIVER.

 

Avec ma foi en Dieu,

avec la grâce de Jésus

en qui je place toute ma confiance,

je sais que tout va s’arranger.

 

PS : J’ai une pensée toute spéciale à ces personnes qui, au fil du temps, et sûrement avec les meilleures intentions de m’aider, m’ont déjà dit : « Fais attention à toi, tu sais comment tu es », en se référant à mon passé, à mes nombreux emplois de courte durée au fil des ans, mes nombreux projets, mes hauts et mes bas et les épisodes de dépression et d’épuisement que j’ai connus… car oui, on pourrait être porté à croire que je les collectionne.

À vous, j’aimerais demander pardon. Pardon, parce que vos paroles m’ont blessées, je vous en ai voulu et je vous ai presque cru. Pardon, parce que j’ai pensé la même chose moi aussi. Et pardon car je ne suis plus d’accord avec cet énoncé.

Je me suis sentie jugé en fonction de mon apparence extérieure, mes carapaces, mes masques d’enfant blessé, qui ne cherchait qu’à plaire et être aimé. J’ai voulu paraître forte, j’ai voulu changer le monde et essayé d’enlever les souffrances des autres, par mes propres et seuls moyens. Et j’ai tombé. J’ai tombé, j’ai changé d’idée, je n’ai pas terminé, j’ai abandonné, j’ai réessayé et je me suis découragée. Je me suis critiquée, j’ai accepté le regard que certains portaient sur moi, je me suis dévalorisé et… j’ai tombé.

Je me suis avoué vaincu et incapable de poursuivre seule, par mes propres forces. J’ai compris. J’ai accepté. Et maintenant, je vais me relever, en me fiant que sur une seule et unique personne; Jésus. Une seule et unique source; Dieu. Je vais me laisser habiter par une seule énergie; l’Esprit-Saint.

Est-ce que tout changera véritablement? Est-ce que je serai transformée? Des miracles se produiront-ils dans ma vie? J’EN AI AUCUNE IDÉE. Tout ce que je sais, c’est que je m’en remets complètement à mon Grand Patron là-haut, en toute confiance. IL me guidera et me montrera la voie à prendre. Et s’IL me dit de ne pas terminer tel projet, alors j’y mettrai aussitôt fin. S’IL permet que je retombe au sol encore une ou plusieurs fois, je comprendrai que c’est parce qu’il a autre chose à me faire comprendre, à me dévoiler et que c’était nécessaire pour mon évolution, pour mon plus grand bien, ET NON PAS PARCE QUE « JE SUIS COMME ÇA ».

 La vie est une série d’expériences et d’apprentissages. Mais nous ne sommes pas nos expériences.

  

Les leçons de vie apprises

NE NOUS DÉFINISSENT PAS.

ELLES NOUS SCULPTENT,

ELLES FORGENT NOTRE CARACTÈRE,

NOUS TESTENT ET NOUS PRÉPARENT

pour les défis et mandats à venir,

pour notre mission de vie.

 

Je vous aime. Qui que vous soyez qui lisez ceci, je vous aime.

Katy S. xxxx

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